Les Danses Monastiques

 

 

 

 

Les danses sacrées du Tibet " CHAM " sont l'expression d'un partage spirituel, sa culture reste encore entière, elle n'est pas seulement l'héritage du peuple tibétain, mais fait partie intégrante du patrimoine mondial, qu'il nous appartient de préserver.

Les moines danseurs sont des lamas qui effectuent chaque jour des prières et des méditations, leur permettant de garder intacte la pureté de leur pratique spirituelle.

Les danseurs portant une large coiffe noire surmontée d'un soleil et d'une lune, arborant un miroir d'argent sur la poitrine, vêtus de brocarts, parés d'écharpes multicolores, portant un tablier noir brodé d'un visage terrible, brandissent une coupe d'argent et font une offrande aux Déités pacifiques et guerrières, afin qu'elles écartent les obstacles sur le chemin de la libération.

Les danseurs masqués d'une tête de mort et vêtus de costumes hauts en couleurs, apportent une effigie qui représente l'attachement à l'égo.

L'Atsara, personnage familier et ludique très apprécié des tibétains est à la fois, le bouffon et le fou divin.

 

 

 

 

Les trompes retentissent, des créatures fantastiques aux costumes amples, tiares, couronnes et masques multicolores, Les Divinités irréelles sont descendues de leur domaine céleste, les Dieux sont là, radieux ou grimaçants, aux masques dont les yeux ont un regard terrifiant.

Le groupe exécute un ballet dont les mouvements sont rythmés par un tambourin. Les danseurs décrivent un double cercle, ils frappent le sol de leurs talons pour suggérer l'anéantissement du mal.

La main gauche brandit le "Dorge", duquel s'échappent des banderoles de soie, dans la droite le "Phurbu", poignard magique, pour chasser les démons.

Les danseurs arborant sur la poitrine une tête de mort, rappel la précarité de l'existence terrestre. La danse continue, la cadence s'accélère, robes et voiles tourbillonnent.

 

 

 

 

 

 

Les groupes de danseurs se succèdent sans interruption, la variété et la richesse des costumes sont tout aussi étonnants que la musique dont les rythmes s'accordent à la symbolique de chaque scène.

Les prêtres vêtus de jaune et portant des tiares d'où pendent des amulettes, agitent des "damaru", tambourins, dont le bruit sec est censé retenir l'attention des Dieux et chasser les esprits malins.

Les "Dakini", Déesses aux pouvoirs surnaturels, portent de longues robes vertes, bleues ou rouges, faites d'une lourde étoffe brodée, des visières de cuivre luisant comme de l'or dissimulent leurs visages.

Le va et vient des masques grimaçants parmi les spectateurs, tournent tout à la dérision, joyeux bouffons, comme dans la vie, la comédie se mêle à la tragédie et le ridicule au sublime.

 

 

  

 

 

Ces danses rituelles qui remontent aux Nyingmapa et célèbrent la naissance de Padmasambhava. Leur contenu philosophique et religieux est d’une grande richesse, reproduisant de manière scénique comme une orchestration des thèmes fondamentaux de leurs croyances.

Costumes et masques sont adaptés aux sentiments à exprimer, les épisodes mythiques ou  magiques met en valeur la magnificence de ce déploiement.

Danses  au rythme souvent empreint de lenteur, mais parfois soulevé par des sauts et des pirouettes remarquables d’élan.

Les ornements des chapeaux, et  la riche variété des couleurs des robes font de ces costumes des pièces d’art, tandis que les masques, apaisés ou terribles, donnent une dimension mystique aux danseurs qui les portent.

Tout se fait en plein air, sur l’esplanade du temple et des centaines de personnes y assistent.

 

  

 

 

"A-Chi-Lhamo" (Déesses soeurs).

Le fondateur du Lhamo, l'opéra tibétain, fut l'éminent Thangtong Gyalpo qui vécut au XIVème siècle. Erudit accompli et très grand lama réalisé.

Il entraîna sept soeurs, à chanter et à danser tandis qu'il jouait du tambour et des cymbales. Frappés par leur beauté, les spectateurs s'exclamèrent « ce sont les Déesses elles-mêmes qui dansent ! ». C'est ainsi qu'ultérieurement, le nom de "Lhamo" (Déesse), fut attribué à l'opéra tibétain.
L'opéra était très populaire au Tibet et au XIXème siècle chaque grande région disposait d'une troupe d'acteurs permanente. Les acteurs venaient aussi bien des communautés laïques que religieuses, ils étaient plutôt mus par leur amour de l'opéra que par le besoin de gagner leur vie. Les troupes se produisaient lors des fêtes et des cérémonies officielles. Certaines représentations, comme celle présentée au Palais d'été du Dalaï-Lama, étaient organisées par le gouvernement, ouvertes au grand public, elles étaient impatiemment attendues par toute la population de Lhassa.

 

 

 

  

 

L'Opéra tibétain se distingue par quatre écoles

Goinba, Xangba, Gyanggar, Gyormolung

 

Le lhamo est toujours joué à l’extérieur, le plus souvent, un espace libre rapidement dégagé et aplani dans le village. L’aire de jeu est circulaire, les spectateurs sont assis tout autour.

l’humour et l’émotion sont les ressorts principaux du spectacle, récité dans un langage simple, néanmoins touchant et poétique.

L'accompagnement musical se compose de tambours et cymbales, un narrateur a une énonciation sous forme de chants solos dont la longueur, le côté plaintif est soutenu par un chœur, revêtent un aspect majestueux proche de l’hymne.

les comédiens se concentrent sur les chants dont les mélodies sont particulièrement élaborées, chaque personnage entre sur scène en effectuant des mouvements dansants qui lui sont propres, toutes les scènes sont entrecoupées d’intermèdes dansés par toute la troupe.

Pendant le prologue, trois groupes de personnages (les chasseurs, les Princes et les Déesses) vont effectuer chacun à leur tour une action rituelle pour transformer l’espace quotidien sur lequel ils dansent en un espace propice à la diffusion de l’histoire, respectivement, subjuguer la terre, faire descendre du ciel les bénédictions sur l’aire de jeu.

Les Déesses sont les derniers personnages à jouer dans le prologue. Par leur costume et leur nom, elles symbolisent le fait qu’elles  sont des êtres célestes, c’est parce que l’espace a été sacralisé et purifié, le temps a été renversé et transformé en un temps mythique (par les paroles et évocations des deux personnages précédents) que les Déesses peuvent à présent chanter et danser avec grâce, sous le regard des spectateurs, la réalité n’est plus la réalité conventionnelle, nous sommes passés dans un autre monde, celui du théâtre.

Le livret principal peut enfin être exposé. La conclusion faste consiste, elle, en l’énonciation de vœux de prospérité, pour tous les êtres présent et toute la région. Avant de quitter la scène, les acteurs lancent dans les airs quelques poignées de farine et crient à la victoire des dieux sur les démons, puis ils reçoivent leurs rétributions en nature.

 

 

  

 

 

 

 

 

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